✉️  Devis — Sans engagement
📞 01 84 17 75 71
✉️ infos@cap-vert.com
Lun–Ven 9h–18h · Réponse email 24h
Accueil  ›  Article  ›  Culture & Gastronomie
Culture

Histoire du Cap-Vert :
de la colonisation à l'indépendance

É
Équipe Cap-Vert.com
18 septembre 2026
⏱ 5 min de lecture

Comprendre le Cap-Vert d'aujourd'hui suppose de connaître son histoire. Archipel inhabité jusqu'à l'arrivée des Portugais au XVe siècle, il devient tour à tour comptoir esclavagiste, colonie délaissée, puis nation indépendante et démocratie stable — un parcours de plus de cinq siècles qui a forgé une identité métisse unique en Afrique.

« Le Cap-Vert n'a pas de peuple premier à redécouvrir : son identité tout entière est née de la rencontre, parfois violente, entre l'Europe et l'Afrique. »

1462 : la première ville tropicale d'Europe

Les îles du Cap-Vert, désertes, sont découvertes par les navigateurs portugais au service de la couronne vers 1456-1460, Antonio de Noli et Diogo Gomes étant généralement crédités de la reconnaissance de Santiago. En 1462, les premiers colons portugais s'y installent et fondent Ribeira Grande, aujourd'hui Cidade Velha, sur la côte sud de l'île — la toute première ville européenne construite sous les tropiques.

Pendant plus de deux siècles, Ribeira Grande sert de capitale et de tête de pont pour le commerce portugais vers l'Afrique de l'Ouest et le Brésil. Ce n'est qu'en 1770, après des décennies de pillages par pirates et corsaires, que la capitale est transférée à Praia, mieux protégée par sa position en hauteur.

📜 Les dates fondatrices

  • 1460 — découverte de Santiago par les navigateurs portugais.
  • 1462 — fondation de Ribeira Grande (Cidade Velha), première ville tropicale d'Europe.
  • 1770 — transfert de la capitale à Praia.
  • 2009 — Cidade Velha classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Traite négrière et économie de plantation

Les terres arides et le manque chronique d'eau limitent rapidement les ambitions agricoles des colons portugais, qui avaient d'abord misé sur la canne à sucre et le coton. C'est le commerce des esclaves qui devient l'activité économique principale de la colonie : grâce à sa position stratégique au large de l'Afrique de l'Ouest, l'archipel se transforme en plaque tournante majeure de la traite négrière transatlantique, embarquant des milliers de captifs vers les Amériques.

Ce métissage forcé entre colons portugais et populations réduites en esclavage donne naissance, au fil des générations, à une société et une culture créoles distinctes — dont le kriolu, la morna et la cuisine capverdienne restent aujourd'hui les héritages les plus vivants.

Le fort royal de Cidade Velha, Cap-Vert
Le fort royal de Cidade Velha, Cap-Vert — © Cap-Vert.com

Amílcar Cabral et la naissance du PAIGC

Au XXe siècle, le vent de la décolonisation souffle sur l'Afrique. En 1956, Amílcar Cabral fonde à Bissau, avec son demi-frère Luís Cabral, le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), qui milite pour la fin de la domination portugaise sur les deux territoires réunis sous une administration commune.

La lutte armée, menée principalement en Guinée-Bissau à partir de 1963, s'accompagne d'un intense travail diplomatique qui impose le PAIGC comme mouvement de libération reconnu sur la scène internationale. Amílcar Cabral n'assistera cependant jamais à l'indépendance qu'il a préparée : il est assassiné à Conakry le 20 janvier 1973.

De la Révolution des Œillets à l'indépendance

La chute du régime portugais lors de la Révolution des Œillets, le 25 avril 1974 à Lisbonne, précipite le processus de décolonisation. Après plusieurs mois de négociations, un accord signé à Alger en août 1974 reconnaît le droit du Cap-Vert à l'indépendance. Celle-ci est officiellement proclamée le 5 juillet 1975, à Praia, plus de cinq siècles après l'arrivée des premiers colons.

Aristides Pereira, secrétaire général du PAIGC originaire de l'archipel, devient le premier président du pays, à la tête d'un régime à parti unique. Ce n'est qu'en 1990, avec l'abolition du monopartisme, puis en janvier 1991 avec les premières élections multipartites, que le Cap-Vert amorce sa transition vers la démocratie stable qui le caractérise aujourd'hui.

« Le 5 juillet, jour de l'indépendance, reste la date la plus célébrée de tout le calendrier capverdien — un rappel constant de cette histoire encore proche. »

Où revivre l'histoire du Cap-Vert sur place

Pour ancrer ces siècles d'histoire dans le réel, rien ne vaut la visite des lieux : Cidade Velha, premier établissement européen des tropiques, inscrit à l'UNESCO ; le musée-mémorial du camp de Tarrafal, sur l'île de Santiago ; et les sobrados de São Filipe sur Fogo, témoins de l'âge d'or des grands propriétaires. À Mindelo, le port et ses bâtiments rappellent l'ère du charbon et des navires transatlantiques.

Un séjour sur Santiago combiné à Fogo permet de parcourir en quelques jours cinq siècles d'histoire. Pour approfondir la figure de la lutte pour l'indépendance, lisez notre portrait d'Amílcar Cabral.

Le Cap-Vert depuis 1975 : une démocratie stable

Depuis l'indépendance, le Cap-Vert est devenu l'une des démocraties les plus stables d'Afrique, avec des alternances pacifiques, une presse libre et un développement économique soutenu par le tourisme et la diaspora. Le pays a quitté le groupe des pays les moins avancés en 2008, signe de cette évolution.

Cette stabilité explique en partie son attractivité : un voyageur peut y circuler sereinement, rencontrer les habitants et découvrir une culture vivante. Pour vous y préparer, consultez nos formalités et conseils pratiques.

Notre conseil pour visiter les lieux de mémoire

Cidade Velha, sur l'île de Santiago, reste le site incontournable pour toucher du doigt cette histoire : forteresse Real de São Filipe, pilori, cathédrale Nossa Senhora do Rosário parmi les plus anciennes d'Afrique subsaharienne. À Praia, l'avenue Amílcar Cabral et plusieurs monuments rendent hommage au père de l'indépendance dans la capitale actuelle.

Envie d'approfondir cette histoire au fil de votre voyage ? Nos conseillers peuvent intégrer une visite guidée de Cidade Velha à votre circuit sur mesure.

Questions fréquentes

Quand le Cap-Vert a-t-il été découvert ?

Les navigateurs portugais abordent l'archipel vers 1460 ; Cidade Velha est fondée en 1462.

Quand le Cap-Vert est-il devenu indépendant ?

Le 5 juillet 1975.

Qui a joué un rôle clé dans l'indépendance ?

Amílcar Cabral, fondateur du PAIGC, assassiné en 1973.

Quels sites visiter pour l'histoire ?

Cidade Velha, le musée-mémorial de Tarrafal, les sobrados de São Filipe et Mindelo.

É

Équipe Cap-Vert.com

Pionniers du voyage au Cap-Vert depuis 1989, nos conseillers ont organisé des milliers de voyages sur les 10 îles de l'archipel. Leurs guides s'appuient sur une connaissance terrain unique, construite au fil de plus de 35 ans de présence locale.

Lire aussi

Articles similaires